Scolarité, cursus, carrière :
L’enseignement maritime français forme les équipages des navires de commerce, de pêche et de plaisance professionnelle et des cultures marines. L’exercice du métier de marin est subordonné à la reconnaissance d’un titre maritime qui s’obtient par une formation en école sanctionnée par un diplôme et validée par un temps de navigation.
Écoles Nationales de la marine marchande(ENMM)
Les EMM forment des officiers dont les qualifications et titres professionnels sont reconnus au niveau international. Cette reconnaissance leur permet de travailler sur les navires de tous les pays.
Ce sont des établissements publics régionaux, à caractère administratif, dotés de l’autonomie financière et de la personnalité morale, placés sous la tutelle du ministère chargé de la mer.
Elles sont implantées au Havre, à Saint-Malo, à Nantes et à Marseille. Elles dispensent, en formation initiale, un enseignement supérieur gratuit.
Des droits d’inscription de 400 euros environ sont perçus au début de chaque année scolaire. Ils constituent la participation des élèves au fonctionnement de l’école.
Scolarité
La formation des élèves officiers est soit polyvalente (pont et machine), soit monovalente. Elle est organisée en alternance : une formation théorique et pratique en école complétée par des entraînements sur simulateur et une formation à bord de navires. La recherche des embarquements est laissée à l’initiative des élèves. Des conventions de stages ou éventuellement des contrats de professionnalisation favorisent ces embarquements (cf. «fiche embarquement»).
Programmes d’enseignement
Les programmes détaillés peuvent être consultés ou téléchargés sur le site : www.mer.gouv.fr
Connaissance et conduite du navire :
- navigation ;
- règles de barre ;
- manoeuvre ;
- sécurité-construction-météorologie ;
- radio-communications ;
- calculs de chargement ;
- exploitation.
Energie-propulsion :
- sciences fondamentales de l’énergétique ;
- machines ;
- électricité-électronique ;
- automatique-informatique ;
- lecture de plans ;
- dessin-technologie.
Enseignement général :
- anglais maritime ;
- enseignement médical ;
- relations humaines ;
- mathématiques ;
- mécanique ;
- économie–gestion-commerce ;
- droit-rapport.
De nombreux supports de cours sont fournis ; toutefois l’achat de quelques ouvrages spécialisés (références précisées par les enseignants dès le début de l’année scolaire) et de cartes marines est à prévoir ainsi que le matériel technologique (planche de dessin, compas…).
Pour les cours en atelier, une combinaison de travail en coton et une paire de chaussures de sécurité sont exigées.
Cursus
Filière A, formation des officiers de 1re classe de la marine marchande
La formation permet d’être officier, niveau opérationnel, après trois années d’études et douze mois d’embarquement en tant qu’élève. L’accès à des responsabilités plus importantes au niveau direction est prévu après une quatrième année scolaire de formation sanctionnée par le diplôme d’études supérieures de la marine marchande (DESMM) et des temps de navigation indispensables.
Filière B, machine
La formation permet d’être officier chef de quart machine, après deux années d’études et des temps de navigation indispensables. L’accès à des responsabilités plus importantes est prévu après des formations et des temps de navigation complémentaires.
Filière B, pont
La formation permet d’être officier chef de quart passerelle, après six mois d’études et des temps de navigation indispensables. L’accès à des responsabilités plus importantes au niveau de direction est prévu après des formations et des temps de navigation complémentaires.
Titres
Cet enseignement en école et à bord débouche sur des titres maritimes qui permettent d’être embarqué en tant qu’officier sur des navires de commerce, de pêche et de plaisance professionnelle.
Brevets polyvalents :
- brevet de chef de quart de navire de mer ;
- brevet de second polyvalent ;
- brevet de capitaine de 1ère classe de la navigation maritime.
Brevets monovalents pont :
- brevet de chef de quart passerelle ;
- brevet de second capitaine 3000 ;
- brevet de capitaine 3000 ;
- brevet de second capitaine ;
- brevet de capitaine.
Brevets monovalents machine :
- brevet de chef de quart machine,
- brevet de second mécanicien 8000 kW,
- brevet de chef mécanicien 8000 kW,
- brevet de second mécanicien 15000 kW,
- brevet de chef mécanicien 15000 kW,
- brevet de chef mécanicien.
Les brevets sont valables cinq ans. Au-delà de la date d’échéance, il faut les revalider.
Métiers / prérogatives
Les titres professionnels maritimes permettent d’exercer à divers niveaux de responsabilité.
Niveau opérationnel : lieutenant au pont ou à la machine.
Niveau de direction : second capitaine, second mécanicien, chef mécanicien, capitaine.
Les officiers exercent sur des navires pratiquant différentes activités :
- transports de marchandises diverses (pétrole, gaz, produits chimiques, conteneurs, céréales, charbon, minerais, bois, voitures, colis lourds…) ;
- transports de passagers (car-ferries, croisière, micro-cabotage) ;
- activités maritimes spécialisées (recherche océanographique, recherche sismique, ingénierie sous-marine, pose de câbles sous-marins, extraction de matériaux marins, avitaillement offshore…) ;
- activités portuaires (pilotage, remorquage…).
A chaque activité correspond un type de navire particulier. Ainsi, avec une même formation, plusieurs métiers aux rythmes et aux conditions de travail différents sont accessibles.
Pourtant, que les embarquements soient effectués sur un paquebot ou sur un pétrolier, les principes de sécurité, de sauvegarde de la vie humaine et de protection de l’environnement exigent toujours, outre des compétences techniques, des qualités de disponibilité, de vigilance, de rigueur, mais aussi d’adaptabilité et d’esprit d’équipe, compte tenu du milieu dans lequel travaillent les marins. Un navire est une « entreprise » qui fonctionne 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 dans un milieu attrayant mais parfois hostile.
Salaires
Le jeune officier est embarqué d’abord comme lieutenant (avec un titre de chef de quart). Il accède ensuite assez rapidement aux postes de responsabilité les plus élevés. Il pourra être commandant ou chef mécanicien à trente-cinq ans environ. En tant que lieutenant, il gagnera de 2 300 à 3 000 euros brut par mois. Un commandant ou un chef mécanicien perçoit en moyenne de 3 800 à 5 400 euros brut par mois.
Rythme de travail
Sur les navires de commerce battant pavillon français, les trente-cinq heures sont appliquées. Sur une année, un marin est embarqué environ 6 mois et est en congés environ 6 mois.
Perspectives de carrière
Indispensable levier pour une carrière évolutive, l’enseignement maritime ouvre les portes de professions para-maritimes ou terrestres :
- dans les ports (pilotes) ;
- dans les services techniques ou commerciaux des compagnies de navigation ;
- dans divers secteurs de l’industrie et du commerce (expertise maritime…) ;
- dans l’administration des affaires maritimes (professeurs dans les écoles de la marine marchande, inspecteurs, administrateurs des affaires maritimes, responsables des services de la sécurité maritime…) ;
- accès à certains concours de fonctionnaires de catégorie A, admission sur titre dans des écoles d’ingénieurs comme SUPELEC, ou dans certains cycles de formation du CNAM…